Deux distances sont en jeu et tout le monde les confond : 200 mètres qui déterminent si vous êtes concerné, 50 mètres qui déterminent ce que vous devez traiter. Les seconds partent de vos murs, pas de votre clôture.
Deux distances, deux rôles différents.
Les 200 mètres disent si vous êtes concerné. Ils se mesurent depuis le massif vers vous : votre terrain est-il à moins de 200 mètres de bois, forêts, landes, maquis ou garrigues ?
Les 50 mètres disent ce que vous devez traiter. Ils se mesurent depuis vos constructions vers l'extérieur, dans toutes les directions.
Ce ne sont pas deux façons de dire la même chose. Ce sont deux règles superposées, et c'est le malentendu le plus fréquent, et le plus coûteux — de tout le dispositif.
« Les 50 mètres s'arrêtent à ma clôture. »
Non. Le texte vise « les abords des constructions, chantiers et installations de toute nature, sur une profondeur de 50 mètres » (L. 134-6, 1°). Le point de départ est la construction. La limite de propriété n'apparaît nulle part.
Si votre maison est à 30 mètres de la limite, les 20 mètres restants sont chez le voisin — et c'est à vous de les débroussailler, à vos frais. Le voisin ne peut pas s'y opposer ; il peut choisir de faire les travaux lui-même, et s'il refuse l'accès sans répondre dans le mois, l'obligation bascule sur lui.
« Je débroussaille ma parcelle et j'ai fini. »
Rarement. Sur un terrain de taille moyenne, une part importante de l'obligation tombe au-delà des limites. C'est ce qui fait que le devis reçu ne correspond presque jamais à l'obligation réelle.
| Situation | Distance | Depuis quoi | Qui peut la modifier |
|---|---|---|---|
| Abords des constructions, chantiers, installations (1°) | 50 m | la construction | le maire, jusqu'à 100 m |
| Voies privées d'accès (2°) | fixée par le préfet, 10 m maximum | de part et d'autre de la voie | le préfet, dans cette limite |
| Zone urbaine d'un PLU (3°) | tout le terrain | — | — |
| Zone urbaine sans PLU (4°) | tout le terrain, et le préfet peut porter les 50 m du 1° jusqu'à 200 m | la construction | le préfet, après avis du conseil municipal et de la commission départementale de sécurité, et information du public |
| Lotissements, ZAC, associations foncières urbaines (5°) | tout le terrain | — | — |
| Terrains de l'article L. 444-1 du code de l'urbanisme (6°) | tout le terrain | — | — |
| Campings, parcs résidentiels de loisirs (7°) | 50 m | le terrain | le maire, jusqu'à 100 m |
| Installations classées de l'article L. 515-32 du code de l'environnement (8°) | 100 m | les limites de propriété de l'établissement, et non l'installation | le préfet, jusqu'à 200 m |
Source. Article L. 134-6 du code forestier, modifié par la loi n° 2023-580 du 10 juillet 2023, art. 21.
Deux points à relever dans ce tableau.
Le 8° est le seul cas où le texte précise explicitement le point de départ : « à compter des limites de propriété de l'établissement ». Pour tous les autres, il dit « aux abords de », et laisse le point de départ implicite.
Le 4° est méconnu : dans une commune sans PLU, le préfet peut porter les 50 mètres jusqu'à 200. Ce n'est pas le maire, et ce n'est pas plafonné à 100 comme au 1°.
Les huit situations ne s'excluent pas. Elles s'ajoutent.
Un terrain situé en zone urbaine d'un PLU, avec une maison dessus et un chemin d'accès privé, relève simultanément du 3°, du 1° et du 2° :
C'est le cas de figure le plus fréquent en périphérie de bourg, et c'est celui où l'écart entre ce que les gens font et ce que le texte demande est le plus grand.
Le débroussaillement n'est pas seulement horizontal.
L'arrêté du 29 mars 2024 impose, à son article 1er f), « le dégagement de toute végétation présente au-dessus de l'ensemble des voies ouvertes à la circulation publique et des voies d'accès aux constructions ». Et il en donne la raison : « Le gabarit dégagé doit permettre la circulation des engins de secours et d'incendie sur ces voies. »
Un chemin parfaitement dégagé au sol mais surplombé de branches basses n'est pas conforme, et il est inutilisable par un camion de pompiers, ce qui est exactement le problème que la règle cherche à éviter.
La hauteur exacte du gabarit est fixée par l'arrêté préfectoral. Elle varie.
Nous préférons le dire plutôt que de combler le vide.
Depuis quel point de la construction ? Le mur ? Le débord de toiture ? La terrasse ? L'abri de jardin accolé ? Le code forestier ne le précise pas pour les situations 1° à 7° — seul le 8°, pour les installations classées, désigne expressément les limites de propriété. Certains arrêtés préfectoraux apportent la précision ; beaucoup ne le font pas. Dans le doute, la mesure la plus large est la seule sûre.
Les 50 mètres s'arrêtent-ils à la limite des 200 mètres ? Votre maison est à 190 mètres du massif. Devez-vous débroussailler jusqu'à 240 mètres — 50 mètres autour de la construction — ou seulement jusqu'à 200, là où s'arrête la zone d'application ?
Le code ne le dit pas. Mais l'administration a répondu, et sa réponse est publiée.
La question a été posée mot pour mot au gouvernement en 2013, par un député qui relevait que « les autorités locales adoptent des positions divergentes ». La réponse du ministère de l'agriculture, publiée au Journal officiel du 30 avril 2013, est sans ambiguïté : c'est la position de la construction à l'intérieur de la bande des 200 mètres qui détermine les distances à débroussailler.
Et l'exemple donné tranche tout. Le propriétaire d'une habitation située à 10 mètres d'un bois doit débroussailler 40 mètres à l'intérieur du massif en direction de celui-ci, et 50 mètres dans la direction opposée.
Les deux distances ne répondent pas à la même question. La bande des 200 mètres dit qui est concerné. Elle ne dit pas jusqu'où on coupe. Les 50 mètres se mesurent depuis la construction, dans toutes les directions, sans être arrêtés ni par la limite du massif, ni par celle de la bande.
Trois réserves, que nous préférons écrire. La réponse date de 2013 — mais le 1° de l'article L. 134-6 n'a pas été modifié sur ce point. Une réponse ministérielle n'a aucune valeur normative et ne lie pas le juge. Et nous n'avons trouvé aucune décision de justice sur ce point précis.
Ce qui est frappant, c'est le silence qui a suivi. Treize ans après, la question n'est traitée ni par les fiches techniques du ministère, ni par Géorisques, ni par service-public.fr, ni par la FAQ de l'ONF, ni par les FAQ préfectorales. La divergence entre communes signalée en 2013 n'a jamais été purgée, et des milliers de propriétaires en lisière de zone n'ont toujours pas de réponse.
Les 50 mètres, les 200 mètres et les 100 mètres du maire sont nationaux : ils sont dans la loi, ils sont les mêmes partout.
Ce qui varie : la profondeur retenue le long des voies privées, dans la limite de dix mètres — six mètres en Gironde, autre chose ailleurs ; le gabarit vertical au-dessus des voies ; et toutes les distances à l'intérieur de la zone traitée, entre houppiers, entre îlots, entre végétation et constructions.
Une décision est encore plus locale que le département : le passage de 50 à 100 mètres appartient au maire, et il ne figure dans aucune base nationale. La seule façon de le savoir est de le demander à la mairie.
Nous avons relevé, dans chacun des 45 arrêtés préfectoraux existants, la façon dont il traite l'extension de 50 à 100 mètres. Le résultat est net, et il n'est publié nulle part.
| Ce que fait l'arrêté préfectoral | Nb |
|---|---|
| Il organise expressément l'extension — arrêté municipal, ou PPRIF | 15 |
| Il écarte l'extension — « sans extension possible », ou « non prévue par l'arrêté » | 20 |
| Il n'en parle pas : il énonce la profondeur de 50 mètres et s'arrête là | 10 |
Alpes-de-Haute-Provence · Alpes-Maritimes · Aude · Bouches-du-Rhône · Cher · Dordogne · Ille-et-Vilaine · Indre · Indre-et-Loire · Loir-et-Cher · Loiret · Lot · Lot-et-Garonne · Morbihan · Var
Hautes-Alpes · Ardèche · Ariège · Aveyron · Charente · Charente-Maritime · Drôme · Eure · Eure-et-Loir · Gers · Isère · Lozère · Hautes-Pyrénées · Sarthe · Deux-Sèvres · Tarn · Tarn-et-Garonne · Vienne · Corse-du-Sud · Haute-Corse
Gard · Haute-Garonne · Gironde · Hérault · Landes · Loire · Maine-et-Loire · Pyrénées-Atlantiques · Pyrénées-Orientales · Vaucluse
Et voici la question que ce relevé pose, et que nous ne trancherons pas à la place d'un juge.
Le pouvoir du maire de porter l'obligation à 100 mètres vient de la loi — article L. 134-6 du code forestier — et non de l'arrêté préfectoral.
Alors que signifie « extension non prévue par l'arrêté » ? Que le préfet a voulu fermer une faculté que la loi ouvre ? Ou simplement que son arrêté ne l'organise pas, sans rien lui retirer ?
Nous constatons la rédaction, nous la datons, et nous renvoyons au texte. C'est une question pour un juriste, et elle mérite d'être posée : vingt-et-un départements sur quarante-cinq sont concernés.
| Département | Ce qu'il a de propre |
|---|---|
| Ille-et-Vilaine · Morbihan | extension à 100 m par le maire, et jusqu'à 200 m par le préfet en zone urbaine dépourvue de plan local d'urbanisme. Ce sont les deux profondeurs maximales relevées en France |
| Charente · Deux-Sèvres · Tarn · Tarn-et-Garonne | pas d'extension générale, mais 100 mètres réservés aux installations Seveso |
| Vienne | pas d'extension générale, mais 100 mètres réservés aux campings et parcs résidentiels de loisirs |
| Isère | 50 mètres sans extension, mais deux bandes distinctes à l'intérieur : 0 à 10 mètres en régime renforcé, 10 à 50 mètres en régime allégé. Seul département du relevé à découper ainsi la profondeur |
Si vous êtes propriétaire d'un camping dans la Vienne ou riverain d'un site Seveso en Charente, votre profondeur est doublée, et vous ne le lirez sur aucune carte nationale.
Le zonage informatif des obligations de débroussaillement est consultable sur Géorisques et sur le Géoportail de l'IGN. Il vous montre la zone d'application — donc, en substance, la condition des 200 mètres.
Il ne trace pas les 50 mètres autour de vos constructions. Cette emprise-là dépend de la position exacte de vos bâtiments, et personne ne la publie. C'est un tracé à faire, pas une carte à consulter.
Nous établissons l'emprise réelle à traiter pour une adresse : la zone d'application, les emprises cumulées des huit situations, ce qui déborde chez les voisins et sur quelles parcelles, avec l'article et la date de chaque règle.
Nous ne réalisons aucun travaux, nous ne percevons aucune commission d'entreprise, nous ne recommandons aucune entreprise. Un plan d'emprise établi par quelqu'un qui vend ensuite le chantier n'a pas la même valeur.
Voir ce que cela donne chez vous. La carte dessine la bande sur la photo aérienne, à partir des constructions que vous placez, et calcule la surface : Voir l'emprise sur la carte →
/suis-je-oblige//debroussailler-definition//voisin-refuse//qui-paie/Les 45 arrêtés relevés, avec ce qu'ils écrivent sur ce point. « muet » veut dire que le texte ne dit rien — et sur ce champ c'est le cas de 2 d'entre eux. Cliquez pour la valeur complète, avec l'article et la date.
Ces libellés sont abrégés : ils sont recalculés à chaque publication depuis le relevé, et la page du département fait foi. Les 7 départements sans arrêté publié n'y figurent pas.
Les distances, les hauteurs et les gabarits sont fixés département par département. Nous les relevons dans l'arrêté préfectoral, avec l'article et la date.
Vérifier mon adresse →Nous écrire →
Vérifier une adresse est gratuit et ne demande aucun compte. Nous ne réalisons aucun travaux et ne recommandons aucune entreprise.