C'est la question qui décide de tout : si le bois voisin n'est pas un massif classé, vous n'avez aucune obligation. Onze départements écartent les massifs de moins de quatre hectares, deux ceux de moins d'un hectare, onze n'écartent rien du tout, et vingt ne raisonnent pas d'abord en surface, mais en massifs nommés. Le relevé complet.
L'obligation de débroussailler ne naît pas du fait d'habiter dans une commune classée.
Elle naît de trois conditions qui se cumulent :
S'il manque une seule des trois, vous n'êtes pas concerné.
Et la première est celle qui élimine le plus de monde : un bosquet n'est pas un massif.
C'est le point que personne n'explique, et il commande toute la suite.
L'arrêté ministériel du 13 avril 2026, qui classe les bois et forêts exposés au risque d'incendie, procède de deux façons différentes selon les départements :
| La logique | Ce qu'elle veut dire | Nb de départements |
|---|---|---|
| Le classement en totalité, avec un seuil de surface (annexe 2) | tout le département est classé, mais les massifs trop petits sont exclus | 25 |
| Le classement par massifs nommés (annexe 1) | seuls certains massifs sont classés, désignés un par un, commune par commune | 20 |
Ce sont deux mondes.
Dans le premier, vous cherchez la surface du bois voisin. Dans le second, vous cherchez si le bois voisin figure sur une liste.
| Le seuil | Nb | Départements |
|---|---|---|
| Moins de 4 hectares : exclus | 11 | Alpes-de-Haute-Provence · Ariège · Aude · Bouches-du-Rhône · Gard · Hérault · Lot · Lozère · Pyrénées-Orientales · Var · Vaucluse |
| Moins d'1 hectare : exclus | 2 | Hautes-Alpes · Dordogne |
| Aucun seuil de surface, et aucune commune retirée — tous les massifs du département sont classés | 6 | Alpes-Maritimes · Ardèche · Corse-du-Sud · Haute-Corse · Gironde · Landes |
| Aucun seuil de surface, mais des communes entières retirées | 4 | Aveyron (194 communes sur 285) · Drôme (125 sur 362) · Lot-et-Garonne (273 sur 319) · Hautes-Pyrénées (231 sur 469) |
| Un seuil de 4 hectares, mais dans une partie des communes seulement | 2 | Pyrénées-Atlantiques (230 communes retirées en totalité, seuil de 4 ha dans 275 autres) · Tarn (260 communes retirées, et dans 55 autres les massifs « d'une surface inférieure à 4 ha » sont retirés en même temps que ceux d'aléa faible à moyen) |
11+2+6+4+2 = 25.
L'Aveyron ressemble aux deux précédents et n'en relève pas. Son annexe 2 retire aussi une partie de ses massifs dans 54 communes — mais sur le seul critère de l'aléa porté à l'atlas départemental, sans aucune surface. Un bois de 2 hectares y reste classé s'il est en aléa fort. Le mécanisme n'est pas le même, et il ne se lit pas de la même façon sur le terrain.
L'Eure et l'Ille-et-Vilaine ne figurent plus dans ce tableau, et le déplacement est important. Ces deux départements relèvent du classement par massifs nommés : le seuil de 4 hectares n'y écarte pas les petits bois du département — il ne joue qu'à l'intérieur de la liste des massifs déjà désignés. Un bois de 10 hectares qui ne figure pas sur la liste n'y est pas classé, quelle que soit sa surface. Les ranger parmi les départements « à seuil » faisait croire l'inverse.
Un avertissement de méthode ajouté le 1er août 2026, et il compte. Les seuils de ce tableau proviennent des arrêtés de classement des massifs. Or l'arrêté de débroussaillement lui-même définit parfois son propre seuil de surface dans son article premier, et ce n'est pas toujours le même nombre.
Trois cas relevés à la lecture des arrêtés scannés : les Landes figurent ici sans seuil de classement, mais leur arrêté de débroussaillement ne s'applique qu'aux massifs de plus de 0,50 hectare ; les Pyrénées-Atlantiques appliquent deux seuils différents selon la commune — 0,5 hectare pour les communes d'une annexe, 4 hectares pour celles d'une autre, et aucun pour une troisième liste ; le Vaucluse ne fixe aucun seuil de surface dans son arrêté de débroussaillement.
Ce sont deux textes distincts, et il faut lire les deux. Nous ne fusionnons pas les deux sources dans un même nombre : ce serait confondre le périmètre classé et le champ d'application de l'obligation.
Un bois de trois hectares n'est pas un massif classé dans le Var. Il l'est en Gironde.
Même surface, même risque apparent, deux réponses opposées, et pour un propriétaire riverain, la différence est totale : obligation entière d'un côté, aucune obligation de l'autre.
La distinction compte, et nous l'avions manquée. Dire « aucun seuil » du Lot-et-Garonne laisse croire que tout le département est classé. L'annexe 2 en retire 273 communes sur 319 : il n'y a pas de seuil de surface, mais il y a une liste, et elle est massive.
Et les six départements sans seuil ni retrait sont les plus exposés : en Gironde, dans les Landes, en Corse, dans les Alpes-Maritimes, le moindre boisement compte.
Le Vaucluse applique le seuil de 4 hectares, mais le ramène à 1 hectare si le massif est contigu à une zone déjà classée. Une seule ligne de texte, et le nombre de riverains concernés change beaucoup.
Les Pyrénées-Atlantiques n'ont pas de seuil général : le seuil de 4 hectares ne s'applique que dans certaines communes listées. Ailleurs dans le département, la règle est différente.
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Ici, la surface ne commande pas le classement. Le massif est classé parce qu'il figure nommément à l'annexe 1 de l'arrêté ministériel, avec la liste des communes concernées.
L'Eure et l'Ille-et-Vilaine ajoutent un seuil de 4 hectares À L'INTÉRIEUR de leur liste : les massifs nommés y sont classés au-delà de quatre hectares. Deux conditions, pas une : figurer sur la liste, ET dépasser le seuil.
Conséquence pratique, et elle est lourde : dans ces vingt départements, une partie seulement du territoire est classée. Vous pouvez habiter le département sans être concerné du tout — et votre voisin de la commune d'à côté peut l'être entièrement.
C'est précisément le cas où la réponse ne se devine pas : elle se lit sur une liste.
Nous avons cherché, dans chacun des 45 arrêtés préfectoraux, une définition du « massif forestier ». Le résultat est frappant.
Une douzaine d'arrêtés donnent une définition rédigée. Les autres renvoient purement et simplement au classement ministériel, sans définir le mot qu'ils emploient à chaque article.
Trois formulations reviennent :
| Formulation | Départements |
|---|---|
| « les massifs forestiers de plus de 0,5 ha classés au risque d'incendie » | Drôme · Gironde · Hautes-Pyrénées |
| « les massifs boisés de plus de 4 ha situés sur les communes listées » | Eure |
| « terrains en état de bois, forêts, landes, maquis ou garrigue », sans surface | Lot · Lozère · Dordogne |
Le seuil de 0,5 hectare qui apparaît dans trois arrêtés est le plancher national — la valeur en dessous de laquelle un massif n'est jamais classé, où qu'il soit.
Il ne se substitue pas au seuil départemental : il s'y ajoute par le bas. Dans le Var, il faut 4 hectares. En Gironde, 0,5 hectare suffit.
L'Isère est le seul à définir le boisement par son couvert végétal : « un couvert végétal de 10 % minimum », et non par sa surface.
C'est la définition forestière internationale, et c'est la plus juste techniquement. C'est aussi la seule qu'un propriétaire ne peut pas vérifier depuis son jardin.
Vrai dans 13 départements — les onze qui écartent les massifs de moins de 4 hectares, plus les Pyrénées-Atlantiques dans une partie de leurs communes, et faux dans les 2 qui n'écartent que les massifs de moins d'un hectare, si votre bois dépasse un hectare. Faux dans 11 départements, où aucun seuil n'écarte rien. Et sans objet dans 20, où c'est la liste des massifs nommés qui décide, et non la surface.
Non. La définition légale est beaucoup plus large que le sens courant.
L'arrêté du 6 février 2024 précise, à son article 1er, qu'il faut entendre par « bois et forêts » : bois, forêts, plantations d'essences forestières, reboisements, landes, maquis et garrigues.
Une lande rase, un maquis, une garrigue : ce sont des massifs. Il n'y a pas besoin d'arbres.
C'est probablement le malentendu le plus répandu sur tout le sujet, et il fait passer des milliers de propriétaires à côté de leur obligation.
1. Trouvez votre département sur ce site. La fiche indique le régime de classement — totalité ou massifs nommés, et le seuil de surface s'il en existe un.
2. Si votre département est à seuil : mesurez le boisement. Un outil cartographique public suffit pour un ordre de grandeur, et la mesure se fait d'un seul tenant — deux bois séparés par une route ne s'additionnent pas nécessairement.
3. Si votre département est à massifs nommés : cherchez le nom. L'annexe 1 de l'arrêté ministériel liste les massifs et les communes.
4. Et dans le doute, demandez à la mairie ou à la direction départementale des territoires. C'est gratuit, et c'est la seule réponse qui vous protège en cas de contrôle.
Relevé effectué sur les 45 arrêtés préfectoraux existants au 31 juillet 2026, champs « seuil de massif » et « définition du massif », croisés avec les annexes 1 et 2 de l'arrêté ministériel du 13 avril 2026 classant les bois et forêts exposés au risque d'incendie. La définition des « bois et forêts » est celle de l'article 1er de l'arrêté du 6 février 2024. Aucune valeur de cette page ne se substitue aux annexes de l'arrêté ministériel ni à l'arrêté préfectoral applicable.
Les distances, les hauteurs et les gabarits sont fixés département par département. Nous les relevons dans l'arrêté préfectoral, avec l'article et la date.
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