Trois décisions de cour administrative d'appel, lues à la source : un refus annulé, un refus confirmé, un permis attaqué et sauvé. Ce qui fait la différence n'est pas le débroussaillement, mais la distance à la borne incendie et la largeur du chemin.
C'est l'un des malentendus les plus coûteux du sujet. Un propriétaire qui débroussaille correctement croit avoir levé l'objection « risque d'incendie » sur son projet de construction ou d'extension. Une cour administrative d'appel lui a répondu le contraire en toutes lettres.
Avertissement
Cette page reproduit trois décisions de justice publiques, avec leur numéro, leur date et le lien officiel. Elle ne constitue ni une consultation juridique, ni un pronostic sur l'issue d'un dossier. Registrum n'est ni avocat, ni urbaniste, ni autorité administrative. Une décision tranche un litige entre des parties sur des faits précis : elle ne se transpose pas mécaniquement. En cas de divergence entre cette page et la décision, c'est la décision qui vaut.
CAA de Toulouse, 16 avril 2026, n° 24TL00938 — lire la décision
Un propriétaire de Laudun-l'Ardoise (Gard) demande un permis pour une extension de 27 m² adossée à une maison existante de 220 m². Le maire refuse, sur le fondement de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Le tribunal administratif de Nîmes annule ce refus. La cour annule le jugement et rétablit le refus.
Le propriétaire faisait valoir qu'il respectait son obligation légale de débroussaillement. La cour :
« M. A… ne peut utilement faire valoir qu'il respecte l'obligation légale de débroussaillement sur sa propriété et que la voie d'accès à son terrain depuis la voie publique serait carrossable. »
Ce ne sont pas les broussailles. Ce sont trois faits, mesurés :
| L'aléa | secteur densément boisé et isolé, aléa très fort selon le porter à connaissance du préfet du Gard du 11 octobre 2021 |
| L'eau | l'hydrant le plus proche est à 1,28 kilomètre |
| L'accès | les voies publiques d'accès font moins de 3 mètres de large par endroits |
Conclusion de la cour : le terrain est « difficilement accessible pour les véhicules de lutte contre l'incendie », et le projet « est de nature à accroître la vulnérabilité des personnes et des biens ».
Vingt-sept mètres carrés. Une extension, pas une maison neuve. Le refus tient quand même.
CAA de Marseille, 24 mars 2022, n° 20MA01675 — lire la décision
À Mimet (Bouches-du-Rhône), le maire refuse un permis pour une maison d'habitation, également sur le fondement de R. 111-2. Le tribunal administratif rejette le recours. La cour annule le refus et enjoint au maire de délivrer le permis.
Ce qui a fait tomber le refus, point par point :
| Mimet (refus annulé) | Laudun-l'Ardoise (refus confirmé) | |
|---|---|---|
| Aléa au porter à connaissance | moyen à exceptionnel, au secteur | très fort |
| Environnement | habitat diffus, ~10 constructions | secteur densément boisé et isolé |
| Borne incendie | non discutée | 1,28 km |
| Voies d'accès | non établies comme difficiles | moins de 3 m par endroits |
| Historique d'incendie | aucun depuis 50 ans, établi par expertise | non invoqué |
| Pièces produites par la commune | aucune | le porter à connaissance et les mesures |
La ligne de partage n'est pas juridique, elle est documentaire. Dans les deux cas le texte appliqué est le même article R. 111-2. Ce qui change, c'est qui a produit des faits à l'échelle de la parcelle — distance à l'eau, largeur du chemin, historique du secteur.
Ce que cela veut dire pour un maire. Un refus fondé sur la seule couleur d'une carte d'aléa est fragile : la carte le dit elle-même. Un refus fondé sur une distance à l'hydrant et une largeur de voie mesurées est solide. Et le refus fragile coûte : à Mimet, les pétitionnaires demandaient 4 513 € au titre des frais de justice, et le maire a été enjoint de délivrer.
Ce que cela veut dire pour un pétitionnaire. Un dossier qui répond fait par fait — accessibilité, hydrant, historique, environnement bâti — peut renverser un refus. Invoquer sa conformité au débroussaillement, non.
CAA de Marseille, 28 septembre 2023, n° 23MA00016 — lire la décision
À Rognes (Bouches-du-Rhône), le maire délivre un permis pour deux immeubles et 47 logements. Dix riverains l'attaquent, notamment sur le risque d'incendie. La cour rejette leur requête : le permis tient.
Deux éléments du dossier méritent d'être notés, parce qu'ils sont reproductibles :
Un permis qui mentionne l'obligation et qui s'appuie sur une autorisation de défrichement en règle est plus difficile à faire tomber.
Cette liste ne garantit rien. Elle rassemble les faits que les trois décisions ci-dessus ont effectivement pesés :
Et le point 8, qui n'est pas sur la liste des juges mais qui vous évitera de la découvrir en appel : le débroussaillement lui-même. Il est obligatoire, il ne se négocie pas — mais il ne compte pas comme argument pour obtenir le permis. Les règles applicables chez vous sont dans le relevé de votre département.
Ce n'est pas un guide de montage de dossier, ni un avis sur un projet particulier, ni un panorama exhaustif du contentieux R. 111-2. C'est la lecture de trois décisions, et la comparaison de ce que les juges y ont pesé.
Section retirée à la publication.
"obligations légales de débroussaillement" dans
le fonds administratif, passée le 23 août 2026 (19 résultats). Elles ont été ouvertes et lues
à la source.Les distances, les hauteurs et les gabarits sont fixés département par département. Nous les relevons dans l'arrêté préfectoral, avec l'article et la date.
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