Autour d'une maison ordinaire, l'obligation porte sur environ 9 854 m², soit près d'un hectare — et la taille de la maison n'y change presque rien. Sur les vingt-quatre entreprises que nous avons examinées, trois publient un prix : de 0,17 à 2,00 €/m². Croisés, cela donne une fourchette de 1 724 à 19 708 € pour une seule maison. Voici le calcul, les sources, et surtout ce que ces chiffres ne disent pas.
Personne ne peut vous donner un prix sans connaître deux choses : la surface que la loi vous impose, et ce que coûte le mètre carré chez vous.
La première, nous savons la calculer — et elle surprend presque tout le monde. La seconde, nous ne la fixons pas : nous relevons ce que des entreprises publient, et nous disons lesquelles.
Nous ne réalisons aucun travaux et nous ne recommandons aucune entreprise. Les prix cités plus bas sont ceux que ces entreprises affichent elles-mêmes sur leur site. Nous n'avons vérifié ni la qualité de leur travail, ni leur disponibilité, ni leurs assurances. Ce sont des sources, pas des conseils.
L'obligation porte sur tous les points situés à moins de 50 mètres de votre construction (article L. 134-6, 1° du code forestier). Ce n'est pas un carré : c'est votre maison entourée d'une bande de 50 mètres, coins arrondis compris.
La surface se calcule exactement :
surface = périmètre de la maison × 50 + π × 50²
Et c'est le second terme qui commande tout. π × 50² vaut 7 854 m² — une valeur qui ne dépend pas de votre maison. C'est le disque des quatre coins, et il représente à lui seul près de 80 % du total.
| Votre maison | Emprise à 50 m | Soit |
|---|---|---|
| petite maison — 8 × 8 m | 9 454 m² | 0,95 ha |
| maison courante — 10 × 10 m | 9 854 m² | 0,99 ha |
| grande maison — 15 × 10 m | 10 354 m² | 1,04 ha |
Une maison 2,3 fois plus grande n'augmente l'emprise que de 10 %.
De 9 454 m² à 10 354 m². La surface à débroussailler n'est pas proportionnelle à ce que vous possédez : elle est fixée par la bande, pas par le bâtiment. C'est la raison pour laquelle un cabanon peut coûter presque aussi cher qu'une villa.
Le code prévoit trois profondeurs, et elles ne se suivent pas comme on l'imagine.
| Profondeur | Dans quel cas | Emprise (maison de 10 × 10 m) | Rapport au cas de base |
|---|---|---|---|
| 50 m | le principe (article L. 134-6, 1°) | 9 854 m² | ×1,0 |
| 100 m | le maire peut y porter l'obligation (article L. 134-6, 1°) | 35 416 m² | ×3,6 |
| 200 m | le préfet peut aller jusque-là en zone urbaine d'une commune sans PLU (article L. 134-6, 4°) | 133 664 m² | ×13,6 |
Doubler la profondeur ne double pas le travail : il le multiplie par 3,6.
C'est de la géométrie, pas du droit : la surface d'un disque croît comme le carré de son rayon. Un maire qui porte l'obligation de 50 à 100 mètres ne demande pas « un peu plus » à ses administrés.
Nous avons examiné vingt-quatre entreprises de débroussaillement le 13 août 2026. Trois publient un prix. Les vingt et une autres écrivent « devis sur demande ».
Le fait remarquable n'est pas leur prix : c'est que les autres n'en donnent aucun.
| Qui l'écrit | Ce qui est publié | Ramené au mètre carré | Ce qu'il faut en savoir |
|---|---|---|---|
| ARBO PACA | 0,50 € à 2 € le m² | 0,50 à 2,00 €/m² | prix « en moyenne », le site renvoie ensuite au devis |
| Débrou-Service-66 | 0,70 €/m² · 390 € la journée · 200 € la demi-journée · 45 €/h (2 h minimum) | 0,70 €/m² | le seul à publier À LA FOIS un prix au mètre carré et un forfait |
| Élagage Landes 40 | 8 000 m² à Mimizan = 1 400 € TTC, déplacement inclus | 0,17 €/m² TTC | exemple chiffré sur un chantier réel ; barème par tranches à côté |
Les trois pages ont été rouvertes et relues le 25 août 2026.
Entre le moins cher et le plus cher, il y a un facteur 11.
Ce n'est pas de la malhonnêteté : ce sont des unités de mesure incompatibles. Le prix au mètre carré décrit un petit terrain travaillé à la main. Le forfait à la journée décrit un grand terrain traité à la machine. Personne ne dit lequel s'applique à qui — et le client ne peut donc rien comparer.
Le prix le plus bas de la colonne vient d'un forfait sur un grand terrain ; le plus haut, d'un tarif au mètre carré. Ramener le premier au mètre carré est arithmétiquement juste et économiquement trompeur : 8 000 m² traités d'un coup ne coûtent pas huit fois ce que coûtent 1 000 m². Le facteur 11 ne mesure pas un écart de prix : il mesure d'abord un écart de taille de chantier.
Second défaut, et il n'est pas de notre fait : sur les trois sources, une seule précise si son prix s'entend hors taxes ou toutes taxes comprises — celle des Landes, qui écrit TTC. Les deux autres ne le disent pas.
Un prix affiché à un particulier s'entend toutes taxes comprises — c'est la règle du droit de la consommation. Mais tant qu'elle n'est pas écrite sur la page, le lecteur ne peut pas savoir s'il compare deux prix ou deux choses différentes, et l'écart de TVA est de vingt pour cent. Nous n'avons pas rouvert les textes qui fondent cette règle : nous ne la citons donc pas par article.
| Profondeur | Emprise | Au plus bas (0,17 €/m²) | Au plus haut (2,00 €/m²) |
|---|---|---|---|
| 50 m | 9 854 m² | 1 724 € | 19 708 € |
| 100 m | 35 416 m² | 6 198 € | 70 832 € |
| 200 m | 133 664 m² | 23 391 € | 267 327 € |
CE TABLEAU EST UN PLAFOND THÉORIQUE, ET LE LIRE AUTREMENT SERAIT UNE FAUTE.
Il suppose que la totalité de l'emprise est à traiter. C'est presque toujours faux. En sont retirés, de fait : ce qui est déjà bâti, les routes et les cours, les pelouses déjà tondues, l'eau, les cultures, et tout ce qui est déjà conforme. La facture porte sur ce qui reste à faire, pas sur la bande entière.
Trois autres raisons de ne pas prendre ces montants pour une estimation :
1. Débroussailler n'est pas raser. Les sept opérations du texte national sont sélectives — et un terrain rasé est moins conforme qu'un terrain traité correctement. Un devis qui chiffre un rasage chiffre autre chose que la loi.
2. Trois prix ne font pas un marché. Il n'existe aucune statistique publique du prix du débroussaillement. Nous n'en avons trouvé ni à l'échelle nationale, ni départementale. Ce n'est pas « le chiffre n'existe pas » : c'est « nous ne l'avons pas trouvé ».
3. Ces trois entreprises ne travaillent pas chez vous. Elles sont en Provence-Alpes-Côte d'Azur, dans les Pyrénées-Orientales et dans les Landes. Un prix relevé n'est pas un prix applicable.
L'obligation n'est pas un chantier : c'est un état à tenir. Le code ne parle pas de débroussaillement seul, il parle de « débroussaillement et de maintien en état débroussaillé » — article L. 134-6, dans sa rédaction issue de la loi n° 2023-580 du 10 juillet 2023.
Autrement dit : ce n'est pas une dépense, c'est une charge de détention — au même titre que la taxe foncière ou l'assurance. Et elle ne figure dans aucun calcul de rentabilité, aucune estimation d'agence, aucun compromis.
Nous avons ajouté à notre grille de relevé un champ qui lui manquait : à quelle fréquence l'état débroussaillé doit-il être rétabli ? Puis nous avons relu sur ce point les textes des arrêtés que nous détenons. Voici le résultat, sur les 45 arrêtés du relevé.
| Ce que dit l'arrêté | Départements |
|---|---|
| Une fréquence explicite | 1 — 38 |
| Un résultat à tenir, chiffré — pas une fréquence, une hauteur à ne jamais dépasser | 15 — 04 · 12 · 17 · 24 · 28 · 34 · 37 · 41 · 45 · 48 · 65 · 66 · 81 · 82 · 84 |
| Un résultat à tenir, non chiffré — « réalisation régulière », sans hauteur | 3 — 16 · 64 · 86 |
| La périodicité est visée mais non chiffrée | 3 — 27 · 35 · 56 |
| Une fréquence chiffrée, mais pour les bords de voies, pas pour les constructions | 1 — 11 |
| La fréquence est évoquée mais non prescrite | 3 — 31 · 32 · 40 |
| Le texte, lu en entier, ne dit rien | 9 |
| Non relevé — nous n'avons du texte qu'une reconnaissance de caractères, ou pas de texte du tout | 10 |
Sur 45 arrêtés, UN SEUL fixe une fréquence au propriétaire.
Mais 18 répondent autrement — et leur réponse est plus exigeante qu'une fréquence.
C'est l'Isère, et encore : pour la seule végétation herbacée. « Lorsque la bande traitée est essentiellement recouverte d'une végétation herbacée, le fauchage devra être réalisé au moins une fois par an, avant le 15 juin de chaque année » — et, à l'article 12, une échéance générale qui revient chaque année : « mis en conformité […] avant le 1er juin de chaque année ».
L'Eure, l'Ille-et-Vilaine et le Morbihan portent la même phrase, mot pour mot :
« Le débroussaillement ainsi que le maintien à l'état débroussaillé […] Sa périodicité est fonction du risque d'inflammabilité de la végétation. »
Ce n'est pas un silence : c'est un renvoi. L'arrêté dit que la périodicité existe, qu'elle dépend de ce qui pousse chez vous, et qu'il ne la fixera pas. Trois arrêtés identiques au mot près, c'est un modèle recopié — nous le notons sans en tirer de conclusion.
Nous cherchions une fréquence. Elle n'existe presque nulle part — parce que ce n'est pas la forme que les préfets ont choisie. 18 arrêtés sur 45 définissent le mot « maintien » lui-même, et ils le définissent par un RÉSULTAT — 15 en le chiffrant, 3 sans le chiffrer :
« Le maintien en état débroussaillé signifie que la hauteur de la strate de végétation herbacée et ligneuse basse n'excède pas 40 centimètres de haut et que l'ensemble des conditions des alinéas a) à f) sont respectées. »
La formule varie d'un département à l'autre — « signifie », « implique », « correspond à », « conduisant à ne pas être en présence de » — et la hauteur aussi. Ce qui ne varie pas, c'est la forme de la réponse : un état, pas une date. Les 15 arrêtés concernés : 04 · 12 · 17 · 24 · 28 · 34 · 37 · 41 · 45 · 48 · 65 · 66 · 81 · 82 · 84.
Ce n'est pas un rendez-vous annuel, c'est une obligation continue. L'arrêté ne vous dit pas combien de passages faire : il vous dit à quoi votre terrain doit ressembler à tout moment, et c'est ce que le contrôleur regardera. Pour qui doit budgéter, c'est plus exigeant qu'une fréquence — et c'est plus honnête, parce que le rythme dépend de ce qui pousse chez vous, pas du calendrier.
| Hauteur à ne jamais dépasser | Départements |
|---|---|
| 25 cm | 84 |
| 40 cm | 04 · 12 · 17 · 34 · 37 · 48 · 65 · 66 · 81 · 82 |
| 50 cm | 28 · 41 · 45 |
| aucune hauteur chiffrée dans la définition | 24 |
Vérifiez le vôtre. Un professionnel qui applique « 40 cm » dans le Vaucluse laisse votre terrain hors des clous, et vous n'aurez aucun recours : le chiffre est dans l'arrêté de votre département, pas dans l'habitude de son métier.
La Dordogne (24) ne se contente pas de définir l'état : elle en fait une phrase à elle seule, à la suite de l'article 17.
« Le maintien en état débroussaillé doit être assuré de manière permanente. »
C'est l'énoncé de continuité le plus net des 45 arrêtés du relevé. La Lozère (48) écrit la même idée dans son glossaire : les modalités doivent être respectées « en permanence ».
La Charente (16), les Pyrénées-Atlantiques (64) et la Vienne (86) écrivent que l'entretien courant est la « réalisation régulière des opérations de débroussaillement » — sans fixer aucune hauteur. Vous savez donc qu'il faut y revenir régulièrement, et rien ne vous dit à partir de quand vous êtes en faute.
La Haute-Garonne et le Gers portent la même phrase :
« Seule la végétation ligneuse basse et la fougère pourront nécessiter plusieurs passages la même année pour maintenir l'état débroussaillé. »
Lisez le verbe : « pourront nécessiter ». L'arrêté constate qu'un seul passage ne suffira pas toujours ; il n'impose pas d'en faire deux. Et il ne le dit que pour deux strates — la végétation ligneuse basse et la fougère —, pas pour le reste du terrain. C'est la phrase la plus proche d'une fréquence que nous ayons trouvée après celle de l'Isère, et elle n'oblige à rien.
Et les Landes posent la même idée par un autre bout, à l'article 6 a) : la coupe « concerne a minima la végétation de l'année précédente ». Ce n'est pas une fréquence — c'est l'étendue de ce qu'il faut couper. Mais on ne peut couper la végétation de l'année précédente qu'en repassant chaque année. Le texte le suppose sans l'écrire, et nous n'en tirerons pas d'obligation qu'il ne pose pas.
Aucun coût annuel. Nous connaissons maintenant l'état du droit : il ne fixe presque jamais de fréquence. Cela ne nous donne pas une fréquence — cela nous dit qu'il n'y en a pas d'opposable. Multiplier une fourchette de prix par une fréquence que les textes ne donnent pas produirait un chiffre parfaitement calculé et sans fondement.
Et une distinction que nous tenons à garder nette. Sur 9 départements, nous écrivons « le texte est muet » — nous avons lu la couche texte du document en entier. Sur 10 autres, nous écrivons « non relevé » : nous n'avons du document qu'une reconnaissance de caractères, ou pas de texte du tout. Une absence dans un OCR n'est pas un silence de l'arrêté, et confondre les deux serait exactement ce que cette page reproche aux autres.
1. Demandez trois devis sur la même base. La raison pour laquelle les devis sont incomparables, c'est que chacun décrit un travail différent. Donnez aux trois la même feuille : votre emprise, et les opérations que votre arrêté impose. La fiche de votre commune sur ce site porte ces valeurs, avec l'article et la date.
2. Exigez que le devis nomme les opérations. Le texte national en compte sept. Un devis qui écrit « débroussaillage du terrain » ne vous engage à rien et ne vous protège de rien.
3. Ne payez pas deux fois la même bande. Si votre emprise déborde chez un voisin, c'est à vous de faire réaliser les travaux — mais si l'emprise de votre voisin déborde chez vous, c'est à lui. Deux emprises qui se recouvrent ne se débroussaillent qu'une fois.
4. Gardez la preuve datée. Photographies, facture, date. C'est ce qui se produit devant un assureur ou un juge, et c'est gratuit.
Surfaces calculées par nos soins à partir de la géométrie de l'emprise — aire = périmètre × profondeur + π × profondeur² — et de l'article L. 134-6 du code forestier dans sa version issue de la loi n° 2023-580 du 10 juillet 2023. Prix relevés sur les sites des entreprises citées, rouverts et relus le 25 août 2026 ; l'échantillon de vingt-quatre entreprises a été constitué le 13 août 2026. Aucun de ces prix n'est le nôtre, et aucune de ces entreprises ne nous verse quoi que ce soit.
Les distances, les hauteurs et les gabarits sont fixés département par département. Nous les relevons dans l'arrêté préfectoral, avec l'article et la date.
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